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Communiqué de la section PCF de Paris 15ème.
Dans la nuit du 2 au 3 janvier, le gouvernement états-unien a de nouveau fait le choix de la guerre. Après avoir bombardé de nombreuses cibles terrestres et maritimes, Trump a annoncé la capture de Nicolás Maduro, président du Vénézuéla. Il s’agit là d’une agression impérialiste d’une gravité sans nom qui rappelle les plus sombres heures de l’intervention américaine en Amérique Latine.
Cela fait suite à plusieurs mois de blocus, d’opérations illégales – pour ne pas dire de piraterie – d’arraisonnement et de destruction de navires vénézuéliens et de tentatives multiples de déstabilisation. Le choix de Maria Corina Machado comme prix Nobel de la paix s’inscrivait dans cette dynamique. Soutient fanatique de l’impérialisme américain et du génocide palestinien orchestré par Israël, elle appelait de ses vœux depuis des années une intervention US sur le sol vénézuélien. Drôle de définition de la paix !
Cette intervention est illégale à tous les points de vue (y compris du point de vue du droit américain où seul le congrès peut approuver une opération militaire) et va à l’encontre de la souveraineté du Venezuela et de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle ne peut être que de nature à déstabiliser très gravement le pays et toute la zone.
Pour justifier son intervention, Trump fait le choix de reprendre la rhétorique utilisée par Georges W. Bush pour intervenir en Irak en 2003, la lutte contre les armes de destruction massive ayant été cette fois remplacée par la lutte contre…le narcotrafic ! Rien de moins crédible quand on sait qu’après 20 ans d’occupation occidentale, l’Afghanistan était devenu le premier exportateur de drogue mondial. Derrière ce motif fallacieux, la seule raison de cette agression est la volonté de Trump de mettre la main sur les gigantesques réserves vénézuéliennes de pétrole et de décapiter un des derniers gouvernements qui n’est pas aux ordres de Washington.
Macron et l'UE se font les laquais complices des crimes états-uniens.
Les premières réactions internationales, notamment européennes, sont inquiétantes et illustrent l’alignement de nos gouvernements sur l’impérialisme américain. L’UE appelle « à la retenue » et l’Espagne se propose d’ouvrir une médiation comme s’il y avait une agression réciproque des deux pays. A cet égard, Macron a choisi d’aller plus loin que ses homologues en se réjouissant de l'enlèvement du président Vénézuélien, et en reconnaissant unilatéralement Edmundo Gonzalez Urrutia, véritable pion politique à la solde des Etats-Unis, comme légitime successeur pour une « période de transition ». Toute honte bue, la bourgeoisie au service du capital accole la démocratie à une opération militaire, alors que Donald Trump annonce beaucoup plus ouvertement : « Nous allons diriger le pays ».
En se posant une nouvelle fois comme le petit laquais des intérêts états-uniens, Macron (comme ses homologues britannique et allemand) fait prendre à la France une position à la fois dangereuse et révélatrice de la situation actuelle des rapports interimpérialistes.
Dangereuse, car elle donne un blanc-seing à l'administration Trump à l'heure où elle évoque déjà la possibilité d'une 2ème attaque contre le Vénézuela et d'utiliser les mêmes méthodes contre Cuba, la Colombie ou le Groenland. Ce suivisme est la continuation logique de plusieurs mois de silence face aux actes de piraterie, de bombardement en mer, de blocus qui, s'ils avaient été commis par n'importe quel autre état, auraient fait l'objet dès le départ d'une condamnation de la communauté internationale et de sanctions politiques. Cette position ouvre la voie à une ingérence encore plus directe des Etats-Unis dans les affaires intérieures de n'importe quel état à travers le monde, y compris des états européens.
Position révélatrice également du fait que désormais les classes dirigeantes de la plupart des états impérialistes considèrent qu'ils n'ont même plus besoin de s'encombrer d'un vernis "juridique", "démocratique", ou même "moral", pour justifier le recours décomplexé à la force pour faire valoir leurs intérêts économiques. Cette nouvelle étape va même permettre de justifier et d'accélérer le surarmement de la France et de l'Europe (y compris au nom d'une pseudo-indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, dont se révèle une nouvelle fois aujourd'hui la duplicité). Champion de l'impérialisme "au couleur de la gauche", Glucksmann ne dit pas autre chose quand réagissant à l'évènement, il conclu en appelant de ses vœux à la construction d’une « véritable puissance européenne capable de défendre, même seule, nos intérêts vitaux. » Venant d’un ardent défenseur de l’OTAN, ces propos montrent que toutes les circonstances sont bonnes pour porter le discours de guerre.
En faisant monter encore d'un cran le niveau des tensions internationales, les Etats-Unis, avec la complicité des puissances occidentales, poussent encore un peu plus le monde vers le gouffre d'une déflagration mondiale.
Les communistes condamnent avec la plus grande fermeté cette agression impérialiste états-unienne. Nous appelons chacun à exprimer sa solidarité avec le peuple vénézuélien aujourd’hui agressé et à se mobiliser pour exiger la fin de l’intervention, la libération du président Maduro, la fin des sanctions économiques et le respect de la souveraineté vénézuélienne.
Solidarité internationale avec le peuple vénézuélien !
US go home !