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FR3 CENTRE Val de Loire
Ce jeudi 11 septembre, alors que les élèves du lycée Paul-Louis Courier de Tours bloquaient l'entrée de leur établissement dans le prolongement de l'action "Bloquons tout le 10 septembre," les forces de l'ordre les ont évacués à coups de matraques. De nombreuses vidéos de la scène circulent. Ce vendredi, des tags ont été retrouvés sur la façade de l'établissement, les cours ont été annulés.
Devant le lycée Paul-Louis Courier de Tours (Indre-et-Loire) ce matin, quelques étudiants discutent après avoir découvert que leur établissement a été tagué et que les cours ont été annulés pour la journée.
Tous se disent "profondément choqués" par l'utilisation de la force par des policiers contre "des jeunes qui ne sont même pas majeurs".
Alors que les élèves du lycée Paul-Louis Courier dans le centre-ville de la cité tourangelle organisaient un blocus pour dénoncer "le système scolaire" ce jeudi 11 septembre, les forces de l'ordre sont intervenues. "Cette manifestation n'était rien de plus que pacifiste," raconte Victor, témoin de la scène. "Aucune casse ni violence, seulement les revendications de jeune du lycée dont je fais partie d’ailleurs. Les choses ont malheureusement très mal tourné pour nous les manifestants".
Suite à un appel de la proviseure aux forces de l’ordre, des CRS se sont présentés devant l’établissement pour "constater les faits ".
Quelques minutes plus tard, les policiers demandent aux lycéens de se disperser. "Nous commencions à peine à nous disperser que les forces de l’ordre se sont jetées sur les jeunes adolescents", témoigne Victor. " Une jeune fille qui ne faisait même pas parti de mouvement s'est faite agresser alors qu’elle voulait seulement récupérer son sac".
Sur une des vidéos qui circulent, on entend une jeune fille crier : "Ils nous chargent dessus ! " Elle se met à courir en criant "arrêtez, arrêtez" une dizaine de fois. Un des CRS la frappe avec sa matraque alors qu'elle est au sol. "Vous êtes malades ou quoi ?", se défend-elle.
Ils ne faisaient rien de mal. Ils chantaient et ils criaient, c'est tout. On pouvait entrer dans le lycée si on voulait. Ce n'était pas un vrai blocage" , témoigne une étudiante en troisième année de gestion au lycée Paul-Louis Courier ce matin devant l'établissement.
"C'est choquant parce qu'ils sont censés nous protéger et là, ils sont capables de nous agresser et de taper sur des enfants. On parle de jeunes de 15-16 ans", s'insurge une autre étudiante.
"L'année dernière, ils étaient au collège", ajoute son amie. "Ça fait de la peine parce qu'on se dit qu'il y a des parents qui envoient leurs enfants au lycée et leurs enfants se font tabasser par des policiers. Il y en a qui ont fini la tête en sang. "
"Ça nous pousse à croire que la police est contre nous. La police ne cherche pas à comprendre. Elle tape sur tout le monde et elle gaze," confie une étudiante encore sous le choc.
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Pierre-Alain Chiffre, le nouveau directeur académique s'est en effet lui aussi s'est rendu au lycée ce vendredi matin pour rencontrer l'équipe de direction, les représentants des élèves et les enseignants.
Il a pris la décision de maintenir l'établissement ouvert, mais de banaliser les cours. Il n'y a pas cours, mais les élèves qui le souhaitent peuvent rencontrer les quatre membres d'une cellule d'écoute. "Ce que nous souhaitions, c'était revenir à l'apaisement pour reprendre les cours lundi et surtout que les élèves qui le souhaitaient puissent venir s'exprimer et faire part de leur émotion auprès des membres de cette cellule d'écoute."
Si l'Éducation nationale a pris des mesures pour apaiser la situation, les organisations syndicales départementales, FSU, FO, CGT, CFDT, Solidaires, attendent que l'institution condamne cette "répression policière d’un mouvement lycéen, dans la continuité des méthodes utilisées contre les mouvements sociaux et les luttes écologiques".
"On n'a pas à toucher les élèves comme ça, à les frapper, à les blesser. On ne touche pas aux enfants. L'ordre républicain doit s'exprimer autrement que par des méthodes violentes comme ça", souffle Christophe Percher pour la FSU 37. "Et l'Éducation nationale doit protéger ses élèves. C'est une priorité", poursuit-il.
Pour le représentant syndical, il faut que les responsabilités soient établies. "Si les forces de l'ordre ont agi avec une telle violence, c'est bien que la Préfecture en a donné l'ordre." En tout cas, il ne se rappelle pas que de telles méthodes aient déjà été utilisées contre des lycéens à Tours. "On a plutôt connu un encadrement tendu mais bienveillant. Là, on a passé un cap. Donner des coups de matraque à des jeunes au sol, ce n'est pas possible".